Une année dans le Finnmark

Deuxième épisode  (Voir le premier épisode)

COURSE DE CHIENS DE TRAÎNEAUX, MARS 2017

Par Lucie d’Heygère

Ett år i Finnmark, norske Lappland, Sledehundeløp, mars 2017

11.03.2017, 11h45 – Le départ

Je me réveille surexcitée à l’idée d’aller voir le départ de la course. Je n’ai jamais assisté à un tel évènement. Après un petit déjeuner rapide, j’empile les couches de vêtements et sort. Tout est blanc. Cinquante centimètres de neige fraîche sont tombés cette nuit et se sont accumulés devant la porte. Je me fraye un chemin jusqu’à la route qui ressemble plus à une piste gelée malgré les efforts répétés de la déneigeuse. Depuis plusieurs semaines, l’asphalte se trouve à une trentaine de centimètres sous un amas de neige tassée. Des ornières glacées d’un mètre cinquante de haut encadrent ce qu’il reste du jardin. Le temps dégagé du début de matinée a laissé place à un ciel blanc gris qui s’éclaircit par moment. Le vent fait tournoyer les quelques flocons qui tombent mollement. Plusieurs personnes emmitouflées dans leurs doudounes se dirigent vers le centre-ville où a lieu le départ. À mesure que je me rapproche, on peut entendre les aboiements des chiens.

Finnmarksløpetet[2] est la plus grande course de chiens de traîneaux d’Europe. Elle rassemble environ 120 mushers[3] et plus de 1000 chiens. Les participants effectuent une boucle plus ou moins longue en fonction de leur âge et de la taille de leur attelage.  La catégorie Junior est représentée par des jeunes de 15 à 18 ans qui parcourent 220 kilomètres accompagnés de leurs 6 chiens. La seconde catégorie est composée de mushers avec un attelage de 8 chiens, pour un parcours de 545 km. Et enfin, la troisième catégorie effectue un parcours de 1068 km à travers toute la région du Finnmark avec un attelage de 14 chiens.

Les trois parcours de la course du Finnmark ©D’Heygère Lucie / Source cartes : www.finnmarkslopet.no (consulté en septembre 2017)

Le départ et l’arrivée de la course ont lieu au cœur d’Alta. C’est l’un des rares moments de l’année où la ville s’anime. Je décide de remonter la rue principale, depuis le parking de l’université jusqu’au début de la piste qui descend dans la vallée.

EXTRAIT_AUDIO_mars_2017_dheygere / Vacarme en coulisse : (©D’Heygère Lucie)

Il règne un vacarme d’enfer. Tous les chiens aboient, sautent, glapissent ou hurlent. Ils sont impatients de prendre le départ. Il fait -12 degrés Celsius. La température est idéale. Avec leurs fourrures épaisses, les chiens ne supportent pas des températures très élevées. Malgré le peu de soleil, la réflexion de la neige me fait mal aux yeux. J’ai fait l’erreur d’oublier mes lunettes de soleil. Les camionnettes des mushers sont entassées sur le parking de l’université. Leurs portes ouvertes laissent entrevoir de petites cases individuelles grillagées garnies de paille ainsi que du matériel. C’est l’ébullition.

Impatience : ©D’Heygère Lucie

Paparazzi ©D’Heygère Lucie

Tout le monde tente de garder son calme, entre excitation et stress lié aux préparatifs. Seul le public semble entendre le raffut produit par les canidés. Des équipes de tournage tentent d’interviewer des participants tandis que les familles des mushers aident à harnacher les chiens dont certains ont le diable au corps. D’autres, moins motivés, regardent autour d’eux, la queue entre les pattes. Plus loin, une dizaine d’husky sanglés de rose et bottines assorties aux pattes hurlent en attendant leur maîtresse. Une blonde, queue de cheval et casquette fuchsia sur la tête, émerge finalement d’un véhicule.

Je quitte cette joyeuse cacophonie et me dirige vers la ligne de départ. Les attelages partent les uns après les autres. Les organisateurs chronomètrent les équipes. Une fois le départ donné, chaque minute compte. Il y a plusieurs années, deux chiens sont morts d’épuisement lors de la course. Cet évènement avait fait polémique et terni l’image de la course. Depuis des vétérinaires contrôlent l’état de santé des chiens à chaque point de relai et une durée minimum de repos a été instaurée entre chaque distance parcourue.

Attendre, encore ©D’Heygère Lucie

Sur le chemin du départ ©D’Heygère Lucie

Dans la rue qui mène à la ligne de départ, deux traîneaux attendent leur tour. Les chiens ne tiennent plus en place. Certains courent sur place tentant de faire avancer le traîneau retenu à l’arrière par un quad. Des bénévoles en gilets fluo aident les mushers à tenir leurs attelages. La voix du présentateur annonce les noms des candidats et de leurs chiens au fur et à mesure de leur passage, ainsi que quelques mots d’encouragement que je n’arrive pas à distinguer. Chaque prise de parole est suivie d’applaudissements et d’acclamations de la foule. Les premiers à partir sont les candidats qui vont parcourir une boucle de 1068 km. Ils suivent l’ancienne route de distribution du courrier à travers le Finnmark. L’atmosphère est particulièrement joyeuse et des drapeaux de tous les pays participants ont été accrochés aux mâts des lampadaires.

Arrivée à l’entrée du centre-ville, il devient difficile de se frayer un chemin entre les bâtiments et la foule agglutinée le long des barrières. Les cris des enfants se mêlent aux aboiements des chiens. Les conversations et les applaudissements des adultes se mélangent à la voix enjouée du présentateur. Une Japonaise en doudoune bleu ciel tente de faire un selfie au milieu de la foule. De l’autre côté de la rue, la petite terrasse du bar Barilla est pleine à craquer. Cafés et bières à la main, des gens sont debout sur les chaises pour mieux voir la piste.

Le départ se trouve à l’angle de l’imposant bâtiment en brique qui accueille le cinéma et la bibliothèque. Une structure gonflable rouge ornée d’une photo de chien aux yeux bleu azur marque la ligne de départ. Le centre-ville a été réaménagé il y a quelques années. L’allée piétonne principale, qui va du cinéma à la cathédrale, a été dessinée spécialement pour accueillir l’évènement. Ainsi, les bancs et les mâts d’éclairage ont été disposés trois ou quatre mètres de part et d’autre de l’espace central qui accueille la piste destinée à la course.

C’est parti ! ©D’Heygère Lucie

God tur ©D’Heygère Lucie

Les spectateurs se pressent contre les barrières en bois le long de l’allée centrale où passent les traîneaux. Des enfants emmitouflés dans des combinaisons colorées rampent sous les barrières et tendent la main pour que les mushers la tapent en passant.

Je remonte la rue afin de trouver un endroit plus calme d’où je puisse voir les traîneaux passer. Un peu plus loin, je croise Lillian, ma collègue de travail, accompagnée de sa mère. Je bégaye quelques mots de politesse en norvégien et nous échangeons quelques banalités à propos de la course. Elle m’explique que les premières courses ont eu lieu dans les années 80. Au début, il n’y avait pas beaucoup de participants. Mais aujourd’hui, la course devient de plus en plus célèbre et attire de plus en plus de concurrents. Paradoxalement, à cause du dérèglement climatique, la période où la neige est assez épaisse pour pouvoir y faire glisser un traîneau est de plus en plus courte.

Lillian et sa mère me laissent méditer sur ces paroles et s’éloignent. Je les salue et continue ma route vers l’escargot métallique que forme la cathédrale. Appareil photo à la main, j’essaie de saisir les meilleurs clichés. Je remonte l’allée centrale pour m’éloigner un peu de la foule. Une fois loin de la ligne de départ, les aboiements ont laissé place au doux son du glissement des traîneaux sur la neige et au halètement régulier des chiens. La foule le long de la piste s’est éclaircie et il devient plus facile de prendre des photos. Quelques personnes sont assises sur des chaises pliantes au milieu de la neige, thermos de café à la main.

Vers l’aventure ©D’Heygère Lucie

God tur[4] ! lancé-je à une jeune fille dont deux nattes blondes dépassent de son bonnet et descendent de part et d’autre de ses joues.

Sourire aux lèvres, elle tape dans ma main en me remerciant avant de s’éloigner avec son attelage. Je suis admirative, et un peu envieuse aussi, devant ses jeunes mushers qui vont devoir affronter, avec leurs chiens, le froid et la fatigue au milieu de paysages incroyables.

Nikola, un collègue architecte, me sort de ma rêverie. Nous décidons d’aller rejoindre nos autres collègues de travail près de la ligne de départ. Nous remontons les quelques mètres qui nous séparent du centre-ville. Un petit marché traditionnel contraste avec la tente commerciale vendant des articles au logo de la course. A l’intérieur, un grand écran affiche une carte du Finnmark où l’on voit les trois parcours. Des petits points rouges représentant chaque participant avancent lentement le long des tracés colorés. Après un rapide tour du marché, nous retrouvons Jens et sa famille en compagnie de Franziska autour d’une soupe de champignon et d’une tranche de saumon grillée. Je me brûle l’œsophage en avalant la soupe, mais j’ai tellement froid que cela n’a pas d’importance. Nous nous serrons autour d’un des feux, assis sur des ballons de paille recouverts de peaux de renne. Malgré mes deux paires de chaussettes, mes pieds se sont transformés en briques dans mes chaussures. Je ne sens plus mes mains. Je tente de me moucher, mais mes doigts viennent s’écraser sur mon visage sans que je puisse les contrôler.

La foule aux doudounes colorées s’est éclaircie. Tous les candidats sont désormais partis. Quelques personnes traînent encore autour des stands de cafés et des feux afin de se réchauffer. D’autres discutent les prix d’une peau de renne, d’une fourrure de renard ou d’une paire de chaussettes en laine tricotée main. L’ambiance chaleureuse et festive d’il y a quelques heures est retombée.

13.03.2017 – 19h05

C’est le début de soirée et je suis à l’agence. Je dois finir un plan pour le lendemain. Durant la journée, j’ai entendu les acclamations et la musique annonçant le début des arrivées. Les bureaux où je travaille se trouvent en centre-ville, dans l’un des bâtiments qui bordent l’allée principale. J’affiche sur mon écran la carte indiquant les balises GPS. Après un rapide coup d’œil, je constate que tous les candidats Junior ont terminé. Le classement indique que la norvégienne Tuva Almås a été la plus rapide. À côté, un autre tableau montre que des participants de la catégorie des 545 km ont commencé à arriver. Quelques noms sont déjà affichés. Deux petits points rouges se rapprochent doucement. Ils ont déjà passé Jodka, le dernier point relai avant Alta. Passée cette étape, il faut compter environ 3 heures avant l’arrivée de l’attelage. Je zoome sur la carte. Ils sont à peu près à mi-chemin entre Jodka et Alta. Si je me dépêche de finir mon plan, j’ai le temps de rentrer chez moi, de prendre une

douche et de retourner en centre-ville. Je m’active et poursuis mon travail. Plus d’une heure après, j’enregistre mon plan et éteins mon ordinateur. Je passe par la cuisine pour déposer ma tasse de thé vide dans le lave-vaisselle. Le couloir est silencieux. La lumière jaune du vestiaire est encore allumée. Je quitte ma paire de bottines pour mes Caterpillar®, enfile mes vêtements de ski et quitte l’agence. Il fait déjà nuit depuis longtemps.

Après une douche bien chaude, je renfile mes couches de vêtements et vérifie une dernière fois la carte GPS sur mon ordinateur. Les deux points rouges se suivent. Ils ne sont plus très loin. Je claque la porte de la maison et m’aide de la lumière de mon téléphone portable pour trouver le trou de la serrure. Mes colocataires n’ont pas pris le temps de dégager la neige qui s’est accumulée devant la maison pendant la journée. Je me retrouve à nouveau ensevelie jusqu’aux genoux. Tout en me frayant un chemin dans la neige jusqu’à la route, je jette un coup d’œil au ciel. Pas d’aurore boréale ce soir.

Il est 22h passé lorsque j’atteins le centre-ville qui n’est que peu éclairé. La piste où a lieu l’arrivée est quant à elle illuminée comme en plein jour par quatre gros projecteurs. Les gradins de bois sont quasiment vides. Seuls les proches des participants, quelques organisateurs et vétérinaires sont présents. L’atmosphère est bien plus intime que lors du départ. J’ai presque l’impression d’assister à une scène familiale. Il est tard. La lumière des bureaux vides forme une série de rectangles jaunes sur les façades des bâtiments. La fatigue se fait sentir.

Quand soudain, la musique annonçant l’arrivée des participants se fait entendre. Je me penche sur la barrière pour les voir arriver. La voix enjouée du présentateur retentie. J’aperçois le halo de deux lumières frontales dans l’obscurité. Ils sont côte à côte. La musique triomphante apporte un côté dramatique à la situation. Les traîneaux arrivent plus lentement que je ne l’aurais imaginé. Les chiens sont exténués. Leur respiration brulante forme des petits nuages de fumée que la lampe frontale souligne dans la nuit. Ils trottinent en rythme. Je suis émue de les voir après tous ses kilomètres parcourus. L’un d’eux bifurque finalement sur la piste principale et passe sous la structure gonflable de la ligne d’arrivée. Quelques applaudissements retentissent. Le musher arrête son traîneau et descend. Il prend dans les bras des amis qui lui tendent une bière. Une vétérinaire scanne le cou des chiens où sont implantées les puces électroniques destinées à les identifier. A chaque bip, elle prend note dans un carnet qu’elle tient à la main. Sa mission terminée, elle fait signe de faire avancer le traîneau. Le second attelage a droit à la même inspection. Les chiens attendent, regardent autour d’eux. Certains se roulent dans la neige pour se rafraîchir. Les deux mushers discutent chacun de leur côté avec des organisateurs de la course ou des membres de leur famille. Seulement l’un des deux a pris le temps de féliciter ses chiens. Pendant ce temps, une femme distribue des saucisses oranges aux animaux.

Arrivée dans la nuit ©D’Heygère Lucie

Le premier traîneaux est finalement évacué vers la camionnette qui attend un peu plus loin. L’attelage est accompagné par quelques personnes. Un petit garçon en manteau bleu part sur le traîneaux avec son père. Je les regarde s’éloigner.

17.03.2017, 20h45 – Après 1068 kilomètres, 6 jours, 9 heures et 4 minutes

Un caméraman traverse lentement la piste. Le présentateur annonce l’arrivée du premier traîneau de la catégorie des 1068 km. Les spectateurs crient et applaudissent. Quelques flocons tombent. La foule se presse contre les barrières. Seuls les proches, les passionnés et ceux qui ont suivi la course sur les réseaux sociaux savent que le premier participant est à l’approche. L’excitation est palpable.

Le présentateur cesse de parler et la musique commerciale reprend le dessus. La foule se rassemble. Les gradins de bois se sont finalement remplis. Quelques drapeaux norvégiens s’agitent dans les airs tandis que le phare de l’attelage se dessine au bout de la rue. Enfin ! La musique triomphante démarre. Les spectateurs se penchent sur les barrières pour mieux voir. Les chiens trottinent, la langue pendante, dans leurs manteaux bleu ciel et leurs bottines orange. Certains remuent la queue en voyant la foule qui les attend. Le présentateur annonce leurs noms ainsi que celui du gagnant. Petter Jahnsen.

Le traîneau glisse sous l’arche gonflable et s’arrête. Un homme, une cinquantaine bien avancée, le visage cerné et heureux descend de son traîneau. Il remonte l’attelage en levant les bras au ciel, échange quelques accolages avec des organisateurs en tenue orange avant de se diriger vers ses deux chiens de tête et les prend dans ses bras. Les photographes se précipitent pour immortaliser l’instant. L’homme embrasse et félicite ses chiens.

Une femme lui apporte une couronne faite de thuya et d’un gros ruban de plastique rouge. Après une poignée de main et quelques paroles inaudibles, Petter passe la couronne autour du cou de l’un de ses chiens. Photographes professionnels et amateurs se bousculent pour prendre les meilleurs clichés de l’attelage. Les commentaires du présentateur et la musique monopolisent l’espace sonore. Les chiens lèchent leurs pattes douloureuses et s’ébrouent. Le gagnant pose finalement la couronne sur son traîneaux avant de sortir un sachet rempli de viande qu’il distribue mécaniquement à ses animaux. Elle est congelée par le froid. Les chiens semblent ne pas s’en rendre compte. Les journalistes et photographes trépignent, pleins d’énergie et d’impatience. Les joues rougies par le froid, le norvégien épuisé commence à répondre aux multiples questions des journalistes.

18.03.2017 – 13h22 Remise des prix pour la course des 1068kms

Lorsque j’arrive près de la ligne d’arrivée, la remise des prix a déjà commencé. Les gradins sont pleins. Un petit podium a été mis en place près de la structure gonflable. Il y a un peu de monde. Je me fraye un chemin entre les doudounes colorées. L’hymne norvégien résonne tandis qu’un groupe d’enfants d’une dizaine d’années remonte l’allée avec les drapeaux des pays participants à la course. Le ciel est couvert de nuages gris. Avant de partir, mon thermomètre affichait -14 degrés Celsius. Je frotte mes mains. Malgré mes gants, je n’arrive pas à les réchauffer. Je les mets finalement dans mes poches.

Le présentateur prend la parole. J’arrive simplement à saisir que la ministre de la Culture est présente. Une femme d’une trentaine d’années s’avance. Un bonnet avec le logo de la course sur la tête. Elle est blonde, évidemment.

Les sponsors de la course sont énumérés et remerciés. Les chiens ont disparu. Le public applaudit. Je ne retrouve pas l’ambiance et l’excitation du départ de la course. Les trois premiers participants sont appelés chacun leur tour par le présentateur.

Premier, Petter Jahnsen. 6 jours, 9 heures et 4 minutes.

Deuxième Marit Beate Kasin. 6 jours, 9 heures et 19 minutes.

Troisième, Lasse Austgarden. 6 jours, 11 heures.

Ils s’avancent un à un, encore fatigués après une courte nuit de sommeil. La ministre de la Culture les félicite et échange quelques mots inaudibles avec le vainqueur. Chacun a droit à une médaille et un bouquet de fleurs composé de quelques roses et branches de saule. Les photographes mitraillent la scène. Le présentateur annonce les lots gagnés par les trois champions. Je ne comprends pas tout, mais j’entends qu’il s’agit d’une voiture et d’une hytte[5].

Je regarde autour de moi et les seuls canidés que j’aperçois sont ceux des spectateurs. Je suis surprise de ne voir aucun des chiens ayant participé à la course. Seul le candidat arrivé troisième a pris la peine de faire monter l’un de ses chiens sur le podium. L’animal à la fourrure blanche et noire est assis aux pieds de son maître et regarde autour de lui, agité.

Victoire ©D’Heygère Lucie

Les autres concurrents sont appelés un par un et viennent se mettre en ligne à côté du podium. Ils sont tous vêtus de façon similaire, emmitouflés dans leurs doudounes, dossards bleus, luene*[6] vissé sur la tête. Chacun se voit remettre un large carton rectangulaire symbolisant la somme d’argent gagnée. Les noms des candidats qui n’ont pas encore terminé la course sont également énumérés.

La ministre de la Culture prononce un discours. Les candidats sont remerciés une dernière fois sous les applaudissements de la foule. La cérémonie s’achève. Les gens se dispersent. C’est le temps d’une dernière interview pour les gagnants. Le présentateur termine son monologue. Infatigable, il invite l’assistance à se retrouver en mars 2018 pour la prochaine course.


Notes

[1] Région située au-delà du cercle polaire arctique et comprenant le Nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et de la Russie.
[2] « La course du Finnmark » en norvégien.
[3] Meneur d’un attelage de chiens de traîneaux.
[4] Littéralement « Bon voyage » en norvégien
[5] Mot norvégien qui désigne une cabane ou une maison secondaire dont les norvégiens sont très friands. Elle se situe souvent dans un endroit reculé et dispose d’un confort spartiate afin d’être au plus proche de la nature.
[6] Mot norvégien pour désigner un chapeau ou un bonnet en laine assez grand pour couvrir aussi les oreilles.


Auteur

Lucie D’Heygère, ingénieure-paysagiste diplômée de l’École de la Nature et du Paysage de Blois, en 2016. Partagée entre la France et la Norvège, elle travaille actuellement à l’agence Smedsvig Landskapsarkitekter, à Bergen après avoir passé une année à Alta, en Laponie norvégienne.


Pour référencer cet article

Lucie D’Heygère, Une année dans le Finnmark, épisode 2, Openfield numéro 10, décembre 2017

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