Openfield n°10 : edito

LE TEMPS

Nous avons choisi pour le dixième numéro d’Openfield, un peu comme pour un anniversaire, de parler du temps. Notion intimement liée au paysage. Il faut du temps pour que poussent les arbres, pour que se développe un jardin. Du mauvais temps et du beau temps aussi que l’on peut regarder par la fenêtre.
Simon Lacourt et Yves Petit Berghem ouvrent la thématique en revenant sur l’utilisation de l’arbre dans les aménagements, plaidant pour que le temps du végétal devienne celui du projet dans une époque qui tend à l’immédiateté. Ce développement long et patient, c’est ce que contemple jour après jour le jardinier. Anaïs Jeunehomme et Guillaume Portero reviennent tous les deux au jardin familial, nous racontant la façon dont ces lieux se sont constitués, au fur et à mesure que vieillissent les parents et les enfants.

Ce paysage de l’enfance, on le retrouve aussi dans le travail photographique d’Anne Collongues qui retourne voir les lieux où elle a grandi, photographiant des endroits que son œil avait tellement vus, mais peut-être pas encore pris le temps de regarder. Et c’est encore l’enfance dans le travail d’Amélie Janikova qui a construit un grand cahier pour que les petits puissent regarder la nature changer, bouger au rythme des saisons, se figer dans la neige et vibrer sous le vent.
Nous revenons ensuite au projet avec Marin Baudin qui raconte le déroulement d’une étude participative à Saint-Goussaud, où comment il a fallu prendre le temps qu’il faut pour que les habitants s’approprient peu à peu leur territoire et son projet. Catherine Mosbach nous accompagne dans sa pensée du paysage et dans la découverte du parc du Louvre-Lens, le rattachant au territoire et à son passé. Nicolas Delporte nous livre son avis quant à la façon que l’on a de penser, en France, nos cimetières, loin de toute notion d’un paysage qui, pour être consacré aux morts, devrait rester vivant. Enfin, Antoine Sautet revient sur son travail de paysagiste à la SNCF, où la corrélation temps/espace prend tout son sens dans la démarche de projet.

Nous entrons ensuite avec Nicolas Bonnier dans le climat réunionnais, où la chaleur et l’humidité s’associent à une géologie particulière pour créer de puissants paysages. Puis vient l’Histoire. Armande Jammes suit un moment le fil qui nous ramène à 1936, lorsqu’aux Jeux olympiques de Berlin on offrait des jeunes chênes aux vainqueurs. Ces arbres, pour certains, sont encore debout et la photographe Ann Shelton est allée les documenter et les photographier.
En marge de la thématique, nous retrouvons Geneviève et Alain Sauvé qui nous parlent des saules, arbres méconnus, parfois exigeants, mais tellement utiles. Et pour finir, enfin, ce long numéro d’hiver, nous suivrons, avec Lucie D’Heygère, le départ et l’arrivée de la course des chiens de traîneaux à Alta, tout au nord de la Norvège.

L’équipe d’Openfield.

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