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L’Europe

Tandis que ce sont récemment achevées les Rencontres Européennes 2018 organisées par le collectif Paysages de l’Après Pétrole et alors que l’Europe est particulièrement remise en question aujourd’hui par les peuples qui doutent de sa capacité à porter un nouveau projet de société et à assumer le grand défi du réchauffement climatique, il nous a semblé que proposer un numéro sur ce sujet était pertinent. Pour ne pas perdre de vue, peut-être, la dimension collective de nos paysages, pour rester toujours curieux vis à vis de nos voisins.

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Ce numéro se construit autour de récits d’expériences, de villes visitées, comme une invitation à voyager. Il s’ouvre notamment avec le très beau récit de Laurie Gangarossa, qui nous raconte sa découverte d’une ville un peu étrange, à quelques kilomètres seulement de la frontière française, Empuriabrava. Puis, grâce à Qixuan Yang et Olivia Zanchi nous partons découvrir Oslo, plus connue sans doute, mais pas tant que ça au regard des autres capitales européennes. Elle est d’ailleurs l’une des escales aéroportuaires dans le troisième épisode du récit que nous fait Lucie D’Heygère de son année passée en Laponie. Nous filons ensuite à l’Est, en Bulgarie, voir un peu Plovdiv et le récit amusé qu’en fait Cécile Lesueur en parcourant ses rues.Plovdiv qui sera en 2019, avec Matera en Italie, Capitale européenne de la Culture. 
C’est en Bulgarie encore, mais sur la frontière avec la Turquie, que nous suivons le travail fait par  Mégane Millet Lacombe dans le cadre de son diplôme de fin d’études : comment anticiper la probable et souhaitée chute de ce grand mur construit à la frontière de ce qui est aujourd’hui l’Union européenne ? Comment essayer par le paysage de retisser des liens ? Cette dimension de la frontière et de la migration des peuples se retrouve également dans le récit que fait Baptiste Cogitore de son premier voyage en Kabylie. Déjà nous ne sommes plus en Europe, nous avons franchi la mer, mais nous en sommes si peu loin, et là-bas certains rêvent de rejoindre le continent européen. 

Le numéro se poursuit ensuite par deux travaux qui convoquent une vision européenne. Le projet des Grandes Villes d’Eaux d’Europe qui présenteront une candidature commune pour une inscription sur la liste du patrimoine de l’UNESCO. Anke Matthys nous raconte ce que ces villes d’Europe ont de commun, dans leurs visions, dans leurs formes, ce qu’elles racontent de ce que fut le thermalisme à l’échelle de toute l’Europe. Étienne Taburet s’intéresse  quant à lui à l’art de la sculpture et du monument dans l’espace public, cherchant dans toute l’Europe à comprendre comment celui-ci a évolué au fil des siècles et ce qu’il raconte de nos sociétés.

Nous avons souhaité pour clore ce numéro vous présenter des extraits du très beau documentaire de Céline Carridroit & Aline Suter qui raconte comment le souvenir d’une langue entendue pendant l’enfance, le romanche,  relie à un paysage et à un lieu particulier, niché au cœur des Alpes suisses. Comment une langue, des mots, semblent inscrits dans ce décor de roches et de montagne.

Enfin, ce numéro est aussi pour nous l’occasion de vous présenter notre site internet dans sa version renouvelée, nous remercions pour ce très beau travail l’Agence Godsavethescreen et le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire ainsi que le Mécénat de la Caisse des Dépôts pour leurs soutiens.  Nous espérons que vous apprécierez de naviguer et parcourir les pages virtuelles de ce nouvel Openfield.

En vous souhaitant bonne lecture et un très beau début d’année,

L’équipe d’Openfield

 

Pour référencer cet article :

openfield, L’Europe, Openfield numéro 12, Janvier 2019