Openfield n°8 : edito

L’IMAGE

Quelle place tient l’image dans le paysage ?

On pense d’abord peut-être à la photographie. Jean-Christophe Bailly ouvre ce numéro 8 et nous dit qu’elles sont comme des copeaux issus d’un rabot étrange qui n’entamerait pas la surface des choses, qu’elles sont des coupes légères et nombreuses faites dans l’espace et dans le temps. Et ces copeaux subsistent à travers le temps et nous aident à réfléchir. Marin Baudin les utilisent, ces photographies anciennes, comme des témoins de ce que fut le paysage, de ce que fut l’espace public, et dans des lieux où les plans n’ont pas été établis, les anciennes cartes postales lui permettent de comprendre l’évolution d’un espace et penser ce qu’il pourrait devenir. Cette réflexion sur les cartes postales est ensuite prolongé par le travail de trois artistes, Julie Biron, Gisèle Gonon et Cédric Mantel, qui interrogent ce que cet objet raconte encore d’une ville comme Berlin aujourd’hui. Ils nous font progressivement glisser de la carte postale à Google Image®.

Quelle place tient aussi aujourd’hui l’image dans la conception du paysage ? Outil essentiel et incontournable de l’expression et de la communication des projets, nous avons voulu revenir sur le parcours et le travail d’un perspectiviste au travers d’un entretien avec Pierre-Alexandre Collin. Celui-ci nous raconte comment, depuis sa formation initiale de paysagiste, il s’est consacré à l’image et évoque la façon dont-il la travaille. L’image accompagne aussi le temps long du projet. Elle est un moyen de réflexion comme un outil de compréhension de l’espace, et Etienne Randier, architecte, revient sur cet outil dans le cadre d’une expérience particulière et collective à Paysandu en Uruguay.

L’image veut aussi bien entendu dire l’idée que l’on se fait de quelque chose. Cédric Ansart questionne dans ce sens l’imaginaire porté sur la nature en le reliant notamment à la pratique paysagiste, une confrontation qu’une série d’images de Guillaume Portero sur les délaissés vient ensuite documenter. Et l’image nous dit Anaïs Jeunehomme peut être parfois bien trompeuse, ou alors est-ce à nous de lire au delà de la beauté apparente ce qu’elle dissimule ?

Avec le travail de la photographe Véronique Popinet les petits copeaux d’espaces et de temps mis bout à bout finissent par restituer aussi l’illusion du mouvement… Et l’image c’est aussi le dessin, le croquis que l’on fait à la main, sur un cahier, assis dans un coin de rue, à la table d’un café, le regard allant sans cesse du paysage au papier. C’est avec le travail de Nicolas Vanpoucke que nous fermons ce dossier thématique.

Enfin pour clôre ce huitième numéro nous retrouvons le troisième épisode du travail d’Armande Jammes sur “les villes jumelles” avec le double portrait d’une ville européenne et d’une ville américaine.

Bonne lecture,

Revue Openfield

 

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