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Ecologie

Le sixième numéro d’Openfield est une grande digression sur les liens entre paysage et écologie. Notre habitat physique que nous percevons, représentons et modifions est unique et multiple. Unique dans sa globalité – une seule Terre. Multiple dans ses formes – la diversité de paysages. L’appréhension de cette dualité transpire dans cette parution comme un écho à la COP 21.

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Ce numéro s’ouvre par un court texte de Philippe Clergeau sur une nouvelle façon d’appréhender la vie en milieu urbain. Sont abordées les méthodes de développement et de conservation de la biodiversité tout en résumant les menaces qui pèsent sur elle. L’auteur nous fait bien comprendre que la ville ne peut se concevoir sous cloche.
Vient ensuite un essai de Gilles Clément synthétisé par Marin Baudin. Puisque cette notion de durabilité ne dépend pas uniquement d’un progrès technique, mais d’une évolution des sociétés, une autre vision est proposée sur la base d’une valorisation des savoirs et une prise de conscience des populations.
Sébastien Bonthoux explique comment un écologue approche un paysage. Chaque élément physique est à la fois un refuge, une barrière ou un corridor. En découle la nécessité de regarder tout territoire non seulement du point de vue de chaque espèce mais aussi de sa relation avec son habitat. Cette adaptation à la terre, au climat, se décline de façon très pratique dans une communication de Sandra Malaval, Damien Provendier et Michel Boutaud sur le label “Végétal Local”. Cette nouvelle certification, fruit d’une collaboration entre différentes institutions, permet aux aménageurs et à tous les acteurs du paysage d’obtenir un matériel végétal issu de leurs régions respectives et donc adaptés.

Dans le cadre de ce numéro sur l’écologie, le témoignage particulier d’Arnaud Fâche, jeune paysagiste, nous a semblé intéressant, illustrant cette prise de conscience collective et citoyenne dont parle Gilles Clément. Penser et être le changement n’a jamais été autant d’actualité.

Viennent ensuite deux articles de Guillaume Portero. Le premier, dans la continuité des articles de Philippe Clergeau et de Sébastien Bonthoux, tente de proposer une autre approche pour le développement du végétal en ville. Ou comment redonner une véritable place à la nature sans occulter d’autres méthodes. En effet, pourrait-il ne plus s’agir de ségréguer diversités native et exogène ? Le second fait suite à la lecture d’un article paru dans Le Moniteur, l’auteur s’est entretenu avec la paysagiste Léna Soffer afin de revenir sur ses travaux au sein de la Villa Le Nôtre dans lesquels elle aborde les problématiques de sols et de végétalisation des cours d’îlots.

Afin d’appliquer ces principes écologiques au projet de paysage, Plante et Cité publie le Guide écologique pour la conception des espaces paysagers publics. Sandrine Larramendy, Damien Provendier et Aurore Micand nous en font également la présentation dans le cadre de ce numéro. Toujours aussi essentiel et de plus en plus adoptée, une vision holistique y est développée en insistant sur l’implication de tous les acteurs, la fragilité des sols et le confortement de la biodiversité.

Il nous a aussi semblé que le rôle des arboretums et des collections botaniques n’a jamais été aussi indispensable. Sans oublier la conservation d’espèces menacées, le travail de passionnés, voyageurs et jardiniers, inspire les collectivités à diversifier leurs patrimoines. Les espaces verts en ville sont finalement aujourd’hui conçus selon des principes autant écologiques qu’horticoles. Bien que les frontières se brouillent, les connaissances sur le végétal doivent toujours être disséminées et augmentées. C’est pourquoi Openfield ouvre une nouvelle rubrique ‘Botanique’ qui consistera à inviter un gestionnaire d’une collection (qui concerne souvent un genre) à s’exprimer sur son expérience. Historiques des collections, anecdotes et focus techniques abonderont dans cette catégorie.
Ainsi pour commencer, Alain et Geneviève Sauvé, propriétaire et gestionnaire de l’Arboretum de la Croix Verte en Poitou-Charentes, inaugurent la rubrique par un texte sur leur collection de Pins agréée par le CCCVS. Apportant autant d’anecdotes personnelles que de laïus techniques, ils nous révèlent un genre particulièrement méconnu du grand public.

Pour clore ce numéro, nous avons demandé à l’artiste Thierry Boutonnier, lauréat du prix COAL 2010 (Coalition pour l’art et le développement durable) de nous présenter l’un de ses travaux, intitulé Haie Vive, réalisé dans le cadre d’une commande du musée de la Chasse et de la Nature. Par le biais de témoignages d’agriculteurs, il revient sur la transformation du territoire avec l’extension de la culture du maïs.

Enfin, en marge de ces thématiques, Armande Jammes poursuit son récit sur les villes jumelles entre Europe et Etats-Unis par un second volet intitulé Lisbonne, New Lisbon.

Bonne lecture,

Revue Openfield